mercredi 23 novembre 2016

Patients, Grand Corps Malade, Medhi Idir

Le Festival du film, dans ma ville, c'est l'occaz' de voir de films en avant première.
Et celui-là, je ne pouvais pas le rater.
 
 
 
L'histoire : Benjamin, 20 ans, se réveille tétraplégique incomplet après un stupide accident, à l'hôpital, avant d'être transféré dans un centre de rééducation. Benjamin y rencontre des jeunes comme lui, se soigne et se retape, espérant retrouver une vie normale.
 
Mon avis : Si vous aviez aimé le livre de Grand Corps Malade, ce film est pour vous.
Pour ceux qui n'ont pas lu Patients, allez voir le film quand même. Vous profiterez de la sensibilité et de l'humour des dialogues de GCM, et des superbes images de Medhi Idir.
 
Un film simple, sans prétention, réaliste et touchant. Pas de pathos débordant pourtant, Ben, Steve, Toussaint et les autres sont la plupart du temps dans la déconne, pour supporter le quotidien. La sensiblerie est tapie sous la pudeur.
Pudeur des mots dans le livre, des images dans le film.
Medhi Idir, réalisateur des clips du slameur, réalise des images à la fois poétiques et belles pour montrer ce que personne ne veut voir : la dépendance d'un homme au corps médical, pour manger, se déplacer, se laver. La scène de la douche, qui pourrait avoir quelque chose de dérangeant, est subtilement présentée, par un jeu de caméra sur les gouttes d'eau qui tombent sur une épaule. Cette discrétion ne sera pas de mise pour tous les autres moments pénibles vécus par Ben, mais l'humour prend le dessus, toujours.
Faut dire que Ben a la "chance" de ne pas être trop abîmé, par rapport à ses compagnons d'infortune. Lui fait des progrès, sa rééducation avance. L'amour le cueille même au passage, et la jolie Samia illumine l'écran et cet étage exclusivement masculin.
Malgré tout, la réalité le rattrape, et ses rêves de STAPS et de basket sont bien loin.
 
On rit beaucoup, donc, mais on prend aussi en pleine face la douleur et les moments de déprime de cette bande spéciale, portée par de jeunes acteurs inconnus des écrans, frais et talentueux.
Grand Corps Malade explique lui-même n'avoir sélectionné que des jeunes gens peu ou pas connus, car il a toujours fonctionné ainsi, il carbure à la "famille", qu'elle soit musicale, amicale et maintenant, cinématographique.
 
Un film d'une justesse épatante, réaliste sans être glauque, drôle sans être caricatural, émouvant sans être triste.
Une bouffée d'espoir que le parcours de Ben, une mise en lumière pas banale de l'univers médical et de ses acteurs, et une belle dose de renouveau dans le paysage cinématographique français.
 
Et le public ne s'y trompe pas : ici, les lycéens festivaliers ont accordé à l'ensemble des acteurs le prix de l'interprétation masculine, ainsi que le prix du Meilleur film présenté. Le public "amateur" fait le même constat, le film rafle le premier prix décerné par la ville.

mardi 22 novembre 2016

La bitch de la semaine, #12

 Un rendez-vous oublié? Mais non, mais non... Sur le blog de Sara, il est toujours d'actualité.
Alors je ne sais pas si mes infos datent de cette semaine ou d'avant, mais moi je les découvre, et je surkiffe.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Bitch de la semaine (ou du mois), catégorie "ben alors, tu boudes?" :
 
 
Punaise, j'en pleure de mettre une photo de lui sur mon blog.
J'en pleure aussi de rire, quant à la raison qui le propulse bitch de la semaine : quand Maitre Gims a le moral "sapé comme jamais".
 
Après les NRJ Music Awards (les quoi?), Maitre Gims a fait une déclaration fracassante sur Instagram : "Juste pour vous dire que je ne retournerai plus jamais au NMA. Je tiens quand même a remercier mon public, ma famille, mes amis et tous ceux qui m'ont soutenu."
Admirons au passage l'orthographe irréprochable du maître, qui oublie que NRJ Music Awards est un pluriel, et qu'on écrit donc "aux NMA" et une mention spéciale pour ce petit "a" sans accent qui pique un peu les yeux.
 
Alors comment dire?
  • Mais tant mieux!!! S'il pouvait également ne plus jamais retourner dans un studio...
  • Si tous les "artistes" nominés ou diffusés ce soir-là (sauf Coldplay, on touche pas à Chris) pouvaient se montrer solidaires et faire pareil...
Mais que n'a-t-il pas digéré, le pauvre chéri?
Nominé dans trois catégories différentes (dont la "chanson française de l'année" -WTF?-), le chanteur est reparti bredouille.
En vrai de vrai, il est simplement jaloux qu'Amir (finaliste de The Voice) ait raflé la mise avec sa chanson "J'ai cherché".
Faut dire qu'Amir est bien plus beau gosse attire davantage la sympathie du public. Et puis, grâce à Amir, on a fini 6e de l'Eurovision, ce qui ne nous était pas arrivé depuis... jamais.

#Yapasphoto
 
Mais quand on parle de votes, Maître Gims crie au complot.
Sous sa déchirante déclaration, il s'est fendu d'un hashtag énigmatique :  #leschiffresnesauraientmentir. Soit. Et alors?
Rappelons qu'aux NMA, ce sont les votes du public qui comptent, et pas les chiffres de ventes.
 
Le pire dans tous ça?
Dans le clan Gims, on est solidaire. Sa compagne, DemDem (euh???) s'est, elle aussi, lâché sur Snapchat, en postant une photo d'Amir, et ce commentaire : "« Quelqu’un peut me dire qui c’est ? OK chan­son de l’an­née je veux bien cousin, tu chantes quoi ? » avant de conclure : "La blague, envie de tout casser".
Charmant message au public donc... (oui, mais elle, elle fait pas de fauteeuh!). Au fait, c'est qui, elle?  
 
Résumons : Mais à quel moment Maître Gims dit-il un truc qu'on peut croire?
- N'avait-il pas annoncé qu'il arrêtait la musique au lendemain de l'élection de Donald Trump?
Allez, un peu de courage, c'est celui qui dit qui est!
Faut assumer, dans la vie!
 
 
 
J'aurais aussi voulu vous parler de Mariah Carey, qui demande à son ex 5000 euros par mois de pension alimentaire pour pouvoir élever leurs jumeaux, alors qu'ils en auront la garde partagée, mais je n'ai pas encore assez approfondi le sujet pour clarifier la situation!

lundi 21 novembre 2016

L'art et la manière (Une photo, quelques mots #73)

Julien Ribot

- Voilà, c'est bien, laisse-toi faire, prends la lumière, voilà, comme ça, ne bouge pas... Tu sais que t'es belle, toi?
- T'as pas envie qu'on aille se balader sur le pont, plutôt?
- Après, si tu veux. On finit cette série.
- Allez, tu feras ça plus tard, on n'a encore profité de rien.
- Mélie chérie, je bosse, là. Et toi aussi. Tu peux bien te tenir tranquille encore une minute, non?
- J'en ai marre, j'veux bouger. Ca fait des heures qu'on est sur ce balcon.
- Non, surtout ne bouge pas, jamais plus on ne retrouvera cette lumière!
 
Mélie soupira. Thibault lui accordait peu d'attention, en fin de compte. Et c'était comme ça depuis le début de la traversée. Absorbé par ces photos pour un célèbre magazine, qu'il devrait présenter en débarquant,  Thibault avait à peine levé le nez de son objectif.
Elle qui pensait que le cadre romantique, les couchers de soleil flamboyants, l'ambiance feutrée et luxueuse de leur cabine aideraient à faire évoluer les choses entre eux, elle s'était vraiment gouré!
 
- Allez, ma belle, fais-moi un beau sourire... Tu es rayonnante, tu.... Mélie, merde! Le projo', tu le tiens, oui ou non?
- Non! Ca suffit, on arrête! Et puis d'abord, tu sais à quel point tu as l'air con à parler à cette chaise? C'est une chaise, hein, une putain de chaise! Tu peux la prendre par devant, par derrière, le jour, la nuit, ça reste une chaise! Juste une chaise!
Mélie descendit du tabouret qui lui servait de perchoir, secoua son bras ankylosé et poursuivit :
- Et ton précieux magazine de design, là, tu le prends et tu t'en fais un coussin pour t'asseoir sur cette putain de chaise! Parce qu'en plus d'être moche, je suis sûre qu'elle fait mal au cul!
 

dimanche 20 novembre 2016

Sauvez votre dimanche, #40

 
 
Peut-on sauver son dimanche en pleine nuit?
Eh bien oui.
 
Pour moi, ça a commencé samedi soir, avec la lecture d'une pièce de théâtre : L'ordinaire, de Michel Vinaver. La pièce au style abrupt et résolument moderne met en scène le sordide récit des survivants d'un crash d'avion dans la Cordillères des Andes en 1972. Commencé hier soir, terminé dans la nuit. Cette pièce est prenante et terrifiante.
 
 
 
 
 
 
 
 
Durant la matinée, j'ai poursuivi un sérieux ménage entrepris hier. J'en avais marre de ma maison encombrée, de mon bordel pas organisé, en bref, ça m'a pris comme ça, j'ai lancé l'opération "maison nette" en quelques heures.
 
 
D'abord, mon coin j'entasse-tout-et-n'importe-quoi-là-où-ça-se-voit-pas(trop) et un meuble dans lequel ma pharaonique collection de thé s'expose.
Le avant-après est sans appel.



 
 
Mais que faire, donc, de toutes ces jolies boites/coffrets de thé?
 
 
Il suffit de voir l'état du bureau à scrapbooking bricole pour avoir une petite idée...
 
 
Là encore, avant/après saisissant :
 
 
Bien lancée, j'en ai profité pour attaquer mon bureau. Je n'ai pas de photo "avant", mais le "après" ne peut encore être montré.
 
Et là, ben... je pianote pour faire revivre un peu ce blog. Billet ciné, lecture, j'ai même envie de bitcher, c'est dire!
 
Bon dimanche tout le monde!
 
Et merci jolie Laurie pour ce rendez-vous qui me pousse à m'occuper le dimanche!  
 

lundi 14 novembre 2016

Welcome (Une photo, quelques mots # 72)

                                  
                                                                           © Leiloona
 
- Maman, c'est lequel le nôtre?
- Je ne sais pas, mon grand, il faut regarder le numéro.
- Moi je veux le jaune, il est trop beau!
- C'est carrément glauque, ouais...
- Lisa, s'il te plait...
Marianne soupira.
Elle était épuisée du voyage, et la barrière de la langue lui causait plus de difficultés que prévu. Si, dès le lendemain, elle serait de nouveau amenée à pratiquer la langue française, aujourd'hui, le trajet, les commandes de repas dans l'avion, la récupération de leurs bagages et la négociation avec le chauffeur de taxi lui montraient les limites de son anglais.
Alors si, en plus, Lisa s'y mettait... L'adolescente qui lui tenait lieu de fille n'avait pas cessé de se montrer désagréable. Certes, elle avait très mal pris l'annonce de ce déménagement, mais depuis deux mois, elle avait eu tout le temps de s'y faire. Visiblement, non.
- Et toi, maman, c'est lequel, que tu préfères?
Tom regardait les bâtiments avec les yeux émerveillés d'un gosse de sept ans. Changer de vie ne l'avait pas chamboulé plus que ça. Il encaissait, acquiesçait, et, s'il était inquiet, ne le montrait jamais. C'est bien ce qui angoissait Marianne.
 
En peu de temps, elle leur avait imposé, à tous les deux, un tournant radical. La vente de la maison, l'installation provisoire chez leurs grands-parents, et puis, soudain, cette proposition de travail à Londres...
Marianne avait d'abord refusé. Puis elle s'était dit que changer d'air leur serait bénéfique. Mais c'était une telle folie... une de ces idées fantasques que seul Paul aurait pu avoir. C'était lui qui mettait du piment dans leur vie, lui dont le grain de fantaisie égayait la maison.
Sans lui, leur existence paraissait terne. A l'image du visage de Lisa, qui s'éteignait de plus en plus. Depuis l'accident de moto de son père, Lisa ne vivait plus.
Marianne regarda sa fille, le cœur serré. Elle portait un jean délavé, un t-shirt noir sur lequel le portrait du chanteur d'un groupe de métal, dont elle avait oublié le nom, s'égosillait. Au poignet, la montre de Paul. Et le bracelet-pass du dernier festival de rock où il l'avait emmenée. Rouge, le bracelet.
Alors Marianne trancha :
- C'est le rouge, que j'aime.
Et, comme un fait exprès, deux personnes attendaient devant ce bâtiment. Sûrement les agents immobiliers. Marianne y vit un signe, tout se passerait bien désormais.  
Et elle remercia silencieusement Paul de veiller sur eux, de là où il était.

dimanche 13 novembre 2016

Sauvez votre dimanche #39

Cette fois, je fais fort, car si je suis très honnête, j'ai sauvé toute la semaine... eh ouais... Une grande première, n'Est-ce pas, Laurie?
La 2e semaine de Novembre, se traduit, par chez moi, par une ville en effervescence : 700 lycéens qui suivent l'option Cinéma Audiovisuel, venus de toute la France assistent à un festival de cinéma qui leur est destiné.
C'est l'occasion pour eux de voir des films en avant premières, de rencontrer les équipes (réalisateurs, producteurs, acteurs), d'assister à des conférences sur tous les métiers du cinéma (direction photo, étalonnage, direction d'acteurs...).
C'est surtout l'occasion pour moi de rater des cours d'animer un blog avec des élèves qui se métamorphosent en journalistes pour couvrir l'évènement.
 
Cette semaine, on a ainsi pu voir par ici Grand Corps Malade, Réda Kateb, José Garcia, Nicolas Duvauchelle, Solène Rigot, et plein d'autres encore.
 
Ce week-end, j'ai donc fait le plein de ciné, avec trois films proposés en avant-première. Je rédigerai des billets plus précis sur chacun d'eux.
 
 
 
 
 
Patients, de Grand Corps Malade et Médhi Idir : Adapté du livre du même nom, du chanteur slameur, le film raconte l'année que Ben, tétraplégique incomplet, passe en centre de rééducation. Touchant par le parcours des personnages, drôle par le ton, et poétique pour quelques belles images sur des moments pourtant pas drôles, le film est à l'image du livre : épatant. Sortie Mars 2017.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le cœur en braille, de Michel Boujenah : Victor, 12 ans, est amoureux de Marie, une camarade de classe. Celle-ci a une maladie rétinienne et devient progressivement aveugle. Elle cherche à tout prix à éviter d'être scolarisée dans un établissement spécialisé. Les deux amis vont devoir ruser pour tromper tout le monde. Mon cœur de guimauve a fondu. Sortie le 28 décembre.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Arès, J.P Benes : Âmes sensibles s'abstenir. En 2035, l'ordre mondial a changé. La France compte près de 15 millions de chômeurs, qui se distraient en visionnant de terribles combats, ultra violents, pour lesquels les grands groupes pharmaceutiques font s'opposer leurs "champions", des hommes dopés en toute légalité, et qui génèrent des sommes colossales. Réda, dit Arès, est un de ces anciens champions. Lorsque sa sœur, militante contre les tests réalisés sur des humains par ces grands groupes, est arrêtée, il doit reprendre du service pour la faire libérer et mettre ses nièces à l'abri. Un film français qui n'a rien à envier aux blockbusters américains. Rudement éprouvant, mais très bien fichu. Sortie le 23 Novembre.
 
 
 
 
Avec ce temps tout gris, j'ai aussi pu apprécier les couleurs de l'automne, qui n'a pas encore eu tout à fait prise sur les arbres du jardin.
 
 

mardi 8 novembre 2016

Moi après mois, my October

Quand l'ordinateur fait des siennes / Tenter une réparation peu efficace / Le laisser à des collègues plus qualifiés et avoir l'impression de laisser sa vie dans les mains d'étrangers / Ce rendez-vous médical plutôt rassurant / Se questionner sur l'utilité de l'exercice de confinement au lycée / La bonne ambiance des répétitions de l'atelier théâtre / Compter les jours avant les vacances / Cette terrible nouvelle pour toute la famille / Avoir une furieuse envie d'emplafonner sa voisine / Samuel mon petit cœur tout chamboulé / La honte qu'il me met à la boulangerie / Quand un élève de BTS renverse sa table : "Désolé, je voulais faire Wingardium Leviosa mais ça n'a pas marché / Grand Corps Malade annoncé pour le Festival du Film / Prendre un fou-rire en visionnant un sketch sur Œdipe / Le spectacle "Ils s'aiment depuis 20 ans" en compagnie de celui avec qui tu as joué ces sketches sur scène / Connaître toutes les répliques par cœur et agacer les gens du rang devant / Taper la discut' avec Muriel Robin / Une journée avec Meilleure Amie et ses loulous / Martin, mon petit ange qui grandit / Quand ta mère fait du tri et retrouve plusieurs de tes anciens bulletins de collège et de lycée... ahem... / Ou comment se dire qu'il y a des choses qui n'ont pas beaucoup changé! / Ce foutu changement d'heure / Une soirée de filles en bonne compagnie / Le réveil plus que matinal de Samuel / Sa petite main qui se cramponne à la porte de ma chambre... à 6h49, ça pique / Cette journée avec Simon / Passer du temps en famille, parce qu'on en a tous besoin / Préparer un projet pour que mes élèves rencontrent une auteure... à suivre.
 
 
C'était mon Moi après mois, sur une idée de Moka.