lundi 27 octobre 2014

Homme sweet homme (Une photo, quelques mots, 16)



© Kot


A coup sûr, vous vous retournez sur lui dans la rue, vous vous dites, ce mec, faut pas l'emmerder, c'est un dur, un homme, un vrai, un tatoué. 
Vous l'imaginez enfourchant sa bécane garée plus loin, limite sans casque et sans blouson, même pas peur.  
Dans votre esprit, il est probablement vendeur de disques, chauffeur livreur, mais certainement pas banquier ou professeur.
Au mieux, vous trouvez que les tatouages, c'est sexy et terriblement excitant.
Au pire, vous vous écartez du trottoir quand il passe, et vous baissez les yeux, parce que bon, il vous fait un peu peur, quand même. 

Ce que vous pensez, je le sais, parce que j'ai pensé la même chose. 
Je l'ai imaginé brisant des guitares dans un concert de rock ou cassant la gueule au premier type en train de reluquer sa copine d'un peu trop près. 
J'ai mis des semaines avant de lui adresser la parole sans bégayer. Une vraie quiche...

Je marche un peu derrière lui, juste pour observer les réactions des gens qui le croisent... et aussi pour freiner ma furieuse envie de passer mes bras autour de sa taille, en soulevant juste un peu son t-shirt informe... que je lui enlèverais bien, mais euh... pas là, non... pas en pleine rue... quoique... ? 

Je repense au jour où j'ai pris mon courage à deux mains pour lui parler. Bien obligée, hein... 
Moi au volant de ma voiture qui ne veut pas démarrer, lui fumant à sa fenêtre, semblant être le seul voisin présent... Genre notre immeuble a été évacué pour raison sanitaire, et seuls lui et moi n'avons pas été mis au courant. Ou alors seulement moi... lui, il s'en fout, il est le genre superhéros qui survit à tout, dans les films. Bruce Willis version John McClane est en train de m'observer pas du tout discrètement. Hey, John, tu ne voudrais pas voler au secours d'une jeune femme en détresse? C'est mieux que sauver la planète, non? 

Ce jour-là j'ai appris qu'il n'y connaissait que dalle en mécanique auto...

Plus tard, j'apprendrai qu'il n'est pas non plus branché moto, ni fan des soirées foot/bière/potes bruyants. Ce n'est d'ailleurs pas un grand bavard, il dit simplement ce qu'il pense, il ne cache rien, il va juste à l'essentiel.
Il est comme le bois des meubles qu'il crée : brut mais tendre aussi. 
C'est un homme entier, passionné... un sportif acharné, un adepte du grand air et du vide, de la liberté que lui procure ses escapades en parapente.
Je sais aussi qu'il lit Shakespeare et qu'il n'aime pas du tout perdre aux jeux vidéos.
Les tatouages, c'est sa façon de s'exprimer sans rien dire, c'est lui exposé aux autres, c'est lui à deviner sur sa peau... ce dont je ne me prive pas, car ce mec, maintenant, c'est le mien. 




Quel plaisir, cet atelier d'écriture, tout de même! Merci Leiloona!


10 commentaires:

  1. joli, sympa ce texte pas evident à partir d'une telle photo.

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    1. Merci!
      On est loin de ton univers, mais c'est ça qui est bien aussi, dans cet atelier.

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    1. Ah, ah, tu parles tu texte ou du mec?
      Je vais finir par croire que c'est un tombeur... ce tatoué!

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  3. Bon, tout le monde veut piquer ton mec ;)
    J'aime beaucoup le texte, j'ai aussi ciblé sur les apparences, mais d'un autre point de vue.

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    1. C'est clair, va falloir que je fasse gaffe, et que je le surveille!
      J'aime aussi beaucoup ton texte.

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