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mercredi 20 juillet 2016

Un foyer, Julie Lamiré




L'histoire : Sarah, la quarantaine, entreprend une reconversion professionnelle et, tout juste promue éducatrice, débute son premier boulot dans un foyer où des jeunes sont placés pour diverses raisons : mômes sans papiers ou placés ici à cause de familles "à problèmes", comme on dit, Sarah va être confrontée à toutes les situations qui constituent la vie dans ce genre d'établissements. 










Mon avis : Autant le dire tout de suite, ce roman a été un coup de cœur, de ceux qu'on oublie pas, et dont quelques phrases garderont une place spéciale dans ma tête. 

Le roman s'ouvre sur Sarah, qui découvre le foyer dans lequel elle va travailler. C'est nouveau pour elle. Elle y fait la connaissance de ses collègues, et surtout des jeunes qu'elle va devoir suivre. 
Il y a Fatoumata, Nordine, et "celui qui n'écrit pas"... 
Il y a Kévin, Rayan et Ibrahima.
Un bon point déjà pour la structure de ce roman : les chapitres s'enchaînent en alternant les points de vue. On se concentre soit sur l'un des enfants, soit sur un ou plusieurs éducateurs. Ce roman, c'est le récit de vie de ces enfants paumés, mais aussi celui de ceux qui les accompagnent, et l'équilibre narratif du roman le montre bien. Les bouleversantes lettres d'Ibrahima à sa mère décédée donnent à ce roman une intensité qui serre les tripes.
Une des forces de ce roman, c'est son réalisme et sa pudeur. Les éduc ne sont pas montrés en super héros volant au secours des jeunes. On vit leur quotidien, les gardes et les rapports sur le cahier de suivi, les efforts qu'ils font pour améliorer le quotidien, et malheureusement aussi leur impuissance face à certaines situations, quand la direction n'aide pas ou que la justice s'en mêle. On suit également un peu de leur histoire personnelle, mais la pudeur de l'auteur fait que ça n'envahit pas le roman et ne trahit pas son propos. On en sait juste assez pour les comprendre. Ce foyer, c'est aussi leur refuge...

Mais surtout, il y a les jeunes. Tant de destinées qui, si la vie était bien faite, n'auraient jamais dû se croiser. 
Rayan, c'est l'ado rebelle, qui a perdu pied après le décès de son père, et dont la mère a lâché prise, préférant le placer pour qu'il soit mieux encadré. Il en ressent une méfiance et une résistance envers l'adulte, qui lui cause bien des ennuis. 
Ibrahima, c'est le courageux, l'étranger qui a bravé l'exil, les bateaux de clandestins, le travail illégal, et qui retrouve un peu de paix au foyer, avant que la vie ne l'atteigne encore. 
Kévin, c'est le plus jeune, le plus fragile. Placé là à cause de parents alcooliques, Kévin porte en lui une culpabilité terrifiante. Les petits mots qu'il écrit à sa mère en sont l'expression. 
Ces jeunes vont apprendre à vivre ensemble, malgré leur méfiance, leurs différences. Les cultures, les religions, les personnalités se mélangent, non sans heurts parfois, parce que ces jeunes ont tellement morflé qu'il ne peut en être autrement. Ce sont des enfants "difficiles", puisque c'est comme cela que l'on dit. 
Et c'est là la plus grande qualité de ce roman, à mon sens : il montre l'envers du décor, ce qui fait que ces enfants sont "difficiles", justement. Tout ce que la vie leur a mis dans les dents, combien ils ont morflé... Ce roman bouscule les préjugés et met fait la lumière sur des situations bien plus fréquentes qu'on le croit. 
Et Julie Lamiré l'écrit simplement, sans fioritures ni caricatures, mais avec douceur et tendresse. 

Pour finir, évidemment que ce roman me touche particulièrement de par mon boulot de prof qui, peut-être, me permet d'être si sensible à ce qui y est décrit, mais je crois sincèrement que l'histoire de ces ados peut toucher tout le monde.

Un vrai coup de cœur que ce roman, il faut le lire, vite, vite, vite.

Coupe d'Europe des livres : bilan

L'Euro, c'est fini, et après avoir digéré la défaite (parce que, oui, je l'ai regardée, cette finale de toutes les occasions manquées...), il est temps de dresser un bilan de mes lectures du mois. 



Souvenez-vous, il y a quelques temps, Plume de Cajou lançait le principe de la Coupe d'Europe des Livres, pour faire barrage à l'Euro. 
J'avais donc sélectionné quinze œuvres, onze comme le nombre de joueurs d'une même équipe et quatre remplaçants, à lire absolument durant ce mois de foot. 

Alors, alors, combien sont déjà passés entre mes mains? 

Suspense... 

Roulements de tambour... 

Sept! 
Sept livres sur quinze, soit presque la moitié des ouvrages sélectionnés. 

Quand on connait mon rythme de lecture, ça promettait d'être moins que ça. 
Comme quoi, on peut regarder les matches de l'Equipe de France et se réserver les autres soirées pour lire tranquille! 

Les grands vainqueurs sont : 
  • (Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire, de Stéphanie Pélerin
  • Un foyer, de Julie Lamiré
  • Chercher Proust, de Michaël Uras
  • Papier du sang, de Frédérique Martin
  • Alvin, de Dilliès et Hautière (les deux tomes) 
  • Les beaux étés, Zidrou et Jordi Lafebre

Plutôt satisfaite de ce bilan et de tous ces beaux moments de lecture, donc, mais beaucoup moins de l'absence d'articles ici en ce mois de Juillet... ahem... 
Les billets arrivent très vite, promis. 

samedi 18 juin 2016

(Presque) jeune, (presque) jolie, (de nouveau) célibataire, Stéphanie Pélerin

 "Elle s'éclipsa... et en profita pour envoyer un message à Sarah. Elle faisait souvent ça afin que son amie n'imagine pas qu'elle avait kidnappée par un fou dangereux". 
"Ecoute, c'est la solitude qui n'est un truc pour personne."


Aussitôt lancée, aussitôt commencée, cette Coupe d'Europe des Livres! 
Et commencer en beauté, il n'y a que ça de vrai! 

 



L'histoire : Ivana vient de se faire larguer par Baptiste, après huit ans de vie commune. Comme ça, sans qu'elle s'y attende. Alors forcément, réapprendre à vivre seule n'est pas évident. 
Et se retrouver sur le marché du célibat passé la trentaine, alors que les moyens de rencontre semblent avoir bien changé, ce n'est pas simple. Ivana tente les sites de rencontres, et les aventures d'un soir. 
Le temps d'un été, Ivana va apprendre à se réconcilier avec elle-même, apprendre à aimer ce corps qui a un peu morflé, aussi, apprendre à se faire confiance... 







Mon avis : C'est avec une fierté non dissimulée que je vous présente ce livre. Je l'ai lu avec avidité, curiosité et intérêt. 
Stéphanie Pélerin aborde un sujet délicat, celui de l'après-rupture. 
Comment se reconstruire? Comment donner le change au boulot, avec son entourage, alors qu'on est dévasté? Comment remonter la pente et ne pas se laisser aller entre son lit et un énorme pot de glace réconfortant? 
Ivana a un sacré courage, elle se remet en selle assez vite, mais essuie quelques déboires. C'est ainsi qu'elle croise la route d'Antoine, Jordan, Jonathan (ah celui-là, quand même!!) et de quelques autres, qui ne lui facilitent pas la vie. Elle en prend, des claques, Ivana.
Stéphanie Pélerin relate avec un humour subtil et tordant les rencontres d'Ivana, toutes ces situations sont criantes de réalisme et se font le témoin des modes de vie d'aujourd'hui : des sites de rencontre aux soirées entre copines, en passant par les moments moins drôles, la vente de l'appartement et la relation qu'Ivana entretient avec sa mère. 
Parce que ce roman, c'est ça aussi : la chronique du quotidien d'une parisienne moderne, indépendante et qui aime la vie. Toutes les femmes d'aujourd'hui peuvent se reconnaître en Ivana.
J'ai aimé suivre Ivana à la salle de sport, déambuler avec elle dans ces quartiers de Paris que l'on reconnait bien, parler bouquins, sexe ou boulot avec Rachel et Sarah, deux précieuses amies qui la soutiennent, en buvant des mojitos.
La plume est légère, drôle, sensible et pleine de pep's. Que ça fait du bien de lire une histoire dans laquelle on ne prend pas la lectrice pour une quiche... L'auteur aborde sans complexes la féminité d'Ivana, une nouvelle sexualité (en solo ou en duo) qu'elle assume, ce corps qui lui pèse et avec lequel elle doit composer, ce qui ne l'empêche pas de porter des robes sexys et des décolletés. Un vent de liberté et de féminisme qui fait plaisir à lire et dont Stéphanie Pélerin peut être fière. Rien que pour ça, ce roman est à mettre dans les mains de toutes les femmes. 
Au fur et à mesure, Ivana fait le point avec elle-même, cerne ses priorités, semble enfin comprendre ce qu'elle attend de la vie. Et pendant tout ce temps, je n'ai eu qu'une envie, prendre Ivana dans mes bras et la serrer très fort. 
Mais alors, Ivana retrouvera-t-elle le bonheur? Va-t-elle enfin rencontrer quelqu'un qui saura apprécier la chance qu'il a d'être avec cette super nana? Ce serait trop vous en dire que de vous dévoiler la fin, je vous la laisse découvrir. 

En résumé, un très bon moment de lecture, qui vous fera rire, vous émouvoir, et vous vous ferez une copine de plus en la personne d'Ivana. 

Et s'il faut être honnête jusqu'au bout, je peux maintenant vous le dire. L'auteur est mon amie, depuis euh... est-ce bien utile de compter, hein? Elle fait partie de ces rencontres virtuelles qui, lorsqu'elles deviennent réelles, sont d'une intensité que vous ne soupçonniez pas. 
Alors ma Stéphie, j'ai lu ton livre fébrilement, et pas une seconde je n'ai pensé "et si je n'aimais pas?". Je connais ton écriture et je savais que ce livre allait me ravir. Merci pour ce roman doudou léger et drôle, évidemment j'y ai reconnu des situations, des lieux et des personnages, évidemment, je me suis approprié ton roman. 
Mais tu en as fait quelque chose d'unique, et en même temps, d'"accessible" à tous. Tous les lecteurs pourront adhérer à l'histoire d'Ivana. 
Il ne manque qu'une seule chose à ce roman sur ma table de nuit : une dédicace!!  

vendredi 29 janvier 2016

J'envisage de te vendre (j'y pense de plus en plus), Frédérique Martin




L'histoire : Imaginez un monde où nos valeurs n'ont plus de valeur, où un homme peut vendre sa mère comme on se débarrasse des vieilleries lors de vide-greniers, où un couple peut commander la naissance de son enfant comme il prévoit ses vacances, un monde où la famille des victimes peut décider de la sentence d'un tueur en série, et où un homme qui déménage est fliqué par son voisin. Effrayant, non? 
C'est l'univers dans lequel Frédérique Martin plonge son lecteur dans ce recueil de nouvelles au titre percutant. 








Mon avis : Comme je l'attendais, ce recueil-là! 
Déjà, on ne peut passer à côté de ce titre qui laisse perplexe, qui intrigue. C'est ce qui a d'abord attisé ma curiosité. 
Comme j'aime particulièrement le genre de la nouvelle, je me suis donc précipitée. J'aime l'idée de la relative frustration qui se crée à la fin de la lecture d'une nouvelle : on s'est laissé emporter par l'intrigue posée en quelques pages, on s'est attaché aux personnages, et puis... bam... tout est fini. Mais c'est pas grave, il n'y a qu'à tourner la page pour plonger dans un tout autre univers. 
Sauf que... 
A la fin de la première nouvelle, celle dans laquelle un trentenaire décide de vendre sa mère au plus offrant, on accuse le coup. Tant de cynisme, ça fait grincer des dents. Et ça laisse un petit goût amère qui peine à s'estomper. 
Mais j'ai tourné les pages, encore et encore... 
On voudrait dévorer ce recueil, le lire d'une traite. Sauf que c'est lui qui vous dévore. Il vous attrape et vous tire vers un monde dans lequel vous ne vous imagineriez pas vivre une seule seconde. Chaque nouvelle vous y enfonce un peu plus. A chaque fin d'histoire, il m'a fallu un peu de temps, un temps pour reprendre mon souffle, pour digérer.
En fait, Frédérique Martin réussit un tour de magie : chaque nouvelle vous effraie davantage, et pourtant, vous ne pouvez vous empêcher de continuer. C'est comme quand vous étiez petit, les histoires du soir faisaient un peu peur, mais c'était tellement grisant... 
Sauf que... 
Ce monde, dans lequel évoluent les personnages de Frédérique Martin, n'est pas celui des contes de fées. C'est un monde où la liberté n'est plus, ou les gens sont fliqués, jugés, soumis, à toutes sortes d'autorités qui les briment parfois sans qu'ils en aient conscience. Le pire? Les personnages, les situations sont si actuels qu'ils en deviennent terriblement proches. Et si c'était notre avenir que l'auteur dessinait sous nos yeux consternés? 
En résumé, un recueil troublant, tout en profondeur, qui ne manque pas d'interpeller et de poser de bonnes questions. 

Ce fut également un vrai régal de retrouver la plume douce et délicate de Frédérique Martin. Beaucoup de douceur, notamment dans la nouvelle qui traite de la mort, et de la sobriété aussi, dans celle sur le tueur en série. J'ai aimé ce mélange. 
En lisant, j'entendais la voix juste et posée de l'auteur, et je me suis revue un certain jour d'été dans un petit village du Tarn à écouter de précieux conseils d'écriture. 

Un recueil qu'il est urgent de découvrir. 
Et une lecture que je partage avec la jolie Laurie. 

mercredi 13 janvier 2016

A pas de loup, Germano Zullo, collectif d'auteurs

"Tu me rêves, tu me penses, tu m'imagines, c'est moi le loup"
Germano Zullo


Quand Noël se prolonge encore dans ta boite aux lettres... 
Quand tu reçois un magnifique cadeau d'une adorable fée... 
Alors tu sais que tu connais en fait la mère Noël. 

Noukette, toi, t'es une folle, tu sais? 
Merci, merci, merci... L'est trop beau, ton cadeau. 
Je l'aime parce qu'il vient de toi. 
Je l'aime parce que c'est un album magnifique. 


Qui n'a pas jamais eu peur du Loup? 
Le loup, cette figure emblématique des contes de fées, est réinventé(e) dans cet album grâce aux dessins de 42 illustrateurs de génie. 
Tour à tour triste, drôle, décalé, mais toujours émouvant, la vision du loup par ces artistes est éclairée par la plume légère de Germano Zullo. 

Petit pincement au cœur, en retrouvant la griffe de Mario Ramos. 


Gros coup de cœur pour des dessins très poétiques, comme celui d'Emmanuelle Keckhout.


Jolie surprise de découvrir des partis pris modernes et tendance de Claire Cantais.


Désolée pour les photos à l'envers, j'ai tout essayé, rien à faire pour les mettre à l'endroit... blonde un jour... 

Je me suis régalée. 
C'est un album à feuilleter, à refermer, à picorer, à rouvrir au hasard, pour être sans cesse surpris.
Une grande majorité de femmes, dans les artistes sélectionnés, c'est chouette aussi. 

Un chouette moment de lecture, vraiment. 

Merci encore belle Noukette pour ce précieux présent. 
Et tu as raison, grâce à des gens comme toi, elle est bien belle, la blogosphère. 
Je te fais d'énormes bises virtuelles en attendant de t'en faire en vrai j'espère, au salon du livre.
 

samedi 19 septembre 2015

Charlotte, David Foenkinos

Résultat de recherche d'images pour "CHARLOTTE FOENKINOS" 

L'histoire : le roman raconte le parcours et la carrière de l'artiste Charlotte Salomon, jeune peintre morte prématurément pendant la Seconde Guerre mondiale. 









Mon avis : Quelle bonne surprise que ce roman! 
Si j'avais des réserves à l'idée de renouer avec Foenkinos, après une déception à la lecture de La Délicatesse, je me suis surprise à plonger très facilement dans ce roman. 
Le début du roman a le mérite d'esquisser une atmosphère glauque et morbide, présentant les suicides qui jalonnent l'enfance de Charlotte. On ne peut que continuer. 
La fluidité de ma lecture passe surtout par la structure et la mise en page de ce roman. L'auteur progresse phrase après phrase, revenant à la ligne systématiquement. J'ai adoré ce choix, accepté ce rythme sans aucune difficulté. Il participe très activement à la hâte, à la frénésie qui anime Charlotte jusqu'à la fin. On pressent dès le départ que le temps sera compté, et cette lecture hachée accentue cet effet. C'est donc un choix extrêmement judicieux, selon moi.
Si je ne connaissais pas l'artiste, j'ai apprécié cette découverte et suivre le parcours de cette jeune femme étonnante et particulière. Cela m'a donné envie de découvrir plus avant son œuvre. J'ai aimé que l'accent soit mis sur les évènements historiques, vus "de l'intérieur". J'ai suivi Charlotte au conservatoire, dans les camps, j'ai frémi lorsqu'elle est montée dans ce bus, avant que le policier ne l'en fasse descendre... un récit prenant, palpitant et d'autant plus étonnant qu'on devine aisément la fin. Malgré tout, on ne peut s'empêcher d'espérer... 
Un petit bémol cependant, sur un point qui m'a vraiment gênée à plusieurs reprises : il s'agit des interventions de l'auteur, et de ce "je" explicatif, qui parsème le roman. Si je comprends que l'auteur ait eu besoin d'expliquer ou de justifier quelques points, ça m'a totalement frustrée. Ces parenthèses coupent le rythme ; le lecteur plongé dans l'Histoire et l'histoire revient subitement au temps de la narration, un peu hébété, comme si on le sortait d'un rêve agréable. C'est vraiment dommage, et frustrant. 


Malgré cela, j'ai vraiment adoré découvrir ce roman et le personnage charismatique et sensible qu'était Charlotte Salomon. Un chouette moment d'évasion. 

samedi 13 juin 2015

Pourquoi l'eau de mer est salée, et autres contes de Corée

Lecture pittoresque pour pause détente sur chaise longue.






L'histoire : Ce recueil présente une quinzaine de contes très courts, provenant de Corée. Vous apprendrez pourquoi l'eau de mer est salée, pourquoi les grenouilles coassent ou pourquoi on ne peut pas regarder le soleil en face. Vous apprendrez également à vous méfier des crabes, des tigres et des bossus idiots. 










Mon avis : j'ai dévoré ce petit recueil. Entre fables et contes traditionnels, les récits sont une plongée directe dans l'univers merveilleux des légendes coréennes. 
La lecture n'en est que plus dépaysante : les rizières, les rois dragons, les pécheurs se succèdent, sans nous lasser. 
Les courts textes reprennent des topos des contes occidentaux, en les revisitant. Ainsi le loup mangeur des sept chevreaux, qui doit montrer patte blanche devient un tigre affamé, et ce dévoreur de grand-mère doit tout de même répondre aux questions des enfants  : "Mais pourquoi ta main est si raboteuse?", "Parce que j'ai travaillé la terre toute la journée". 
Vous rencontrerez également un démon enfermé dans un flacon, un singe qui mange seul des gâteaux sur un arbre mais qui se fait avoir par un crabe resté en bas... les références sont nombreuses. 
La dimension didactique propre au conte est aussi présente : celui qui ment, vole, triche et n'a pas le cœur pur ne gagne jamais. J'aime aussi que certaines "morales" ne le soient pas tant que cela, à l'image de l'idiot devenu ministre. J'ai beaucoup ri! 
Des récits décalés viennent également se glisser dans le recueil : ainsi on apprend pourquoi la peau des fesses des singes est rouge, lisse et imberbe (le pauvre, quelle souffrance!), pourquoi les chats s'invitent toujours à dormir dans le lit de leurs maitres alors que le chien reste au mieux au pied du lit, au pire à la niche. L'humour coréen est facétieux!
Ma préférence va aux contes qui proposent une explication poétique et enchanteresse à quelques phénomènes insolites : Pourquoi l'eau de mer est salée est un bijou de féérie.

En résumé, une lecture hors du temps, légère, une découverte de récits imaginaires, poétiques et plein de sens. Je me suis évadée, je n'ai pas vu le temps passer. Un régal!

dimanche 15 mars 2015

L'amour est dans le foin, Angéla Morelli

Sur le fil, avant que la semaine ne se termine, j'éteins la liseuse à l'instant pour écrire un dernier billet pour le coup de projecteur de Stéphie sur Angéla Morelli / Emma Foster. 






L'histoire : Louise est juriste à Paris. Ceux qui ont lu les déboires de sa copine Emilie dans L'homme idéal (en mieux) savent à quel point Louise est drôle, dynamique et pourtant assez seule. Pour faire le point sur sa vie amoureuse désastreuse, Louise accepte d'aller passer un mois à la campagne, dans la maison d'une amie d'Emilie. Là-bas, au moins, elle ne risque pas de perdre le défi lancé par ses copines, qui ont parié sur la capacité de Louise à résister à l'envie de coucher avec le premier mec qu'elle rencontrera. 









Mon avis : J'ai dévoré ce second volet exactement comme le premier. 
Mais rassurez-vous, si vous n'avez pas lu L'homme idéal (en mieux) (j'ose espérer que vous en avez trop honte pour l'avouer), vous pourrez sans problème lire L'amour est dans le foin. Les notes de bas de page imaginées par Angéla Morelli vous renseigneront, et vous feront rire tout en vous donnant furieusement envie de lire les aventures d'Emilie. Bien fait pour vous. Fallait le lire avant.

Louise débarque donc dans un village de la Somme équipée de son téléphone sans réseau et d'un plan illisible et fantaisiste censé lui indiquer la maison de Gisèle. 
C'est alors qu'elle croise Joffrey, un apiculteur du coin, qui lui indique son chemin. Louise sent ses nouvelles résolutions fondre comme neige au soleil, car Joffrey est tout à fait charmant. 
Soyons claire : je me suis tout de suite méfiée de ce Joffrey. Si, si. D'abord, parce que tous les Joffrey vont souffrir les femmes... Demandez à Angélique, elle vous dira. Ensuite parce que ses yeux sont la pire tentation qui puisse exister. Vous résisteriez, vous, à des yeux couleur caramel macchiato? Pas moi. D'ailleurs, je préfère me dire que cette couleur n'existe pas. Parce que si le prochain mec que je croise n'a pas les yeux de cette couleur, je vais être vachement déçue.
C'est comme ça que je me suis laissée entraîner dans les aventures de Louise. 
Plus le récit avance, plus on comprend que Louise va avoir bien du mal à tenir son pari. Parce qu'en plus de ce beau gosse de Joffrey, Louise fait la connaissance d'Arnaud, l'entrepreneur qui vient faire les travaux de rénovation demandés par Gisèle, et que Louise s'est engagée à superviser. 

Si le personnage de Louise dans le premier tome m'avait paru un peu caricatural, par ses réparties cinglantes et sa propension à s'embarquer dans des histoires pas possibles, j'ai découvert dans ce roman une femme forte, mais fragile. Loin d'être toujours sûre d'elle, comme le laisse penser le premier tome, Louise n'a plus du tout confiance dans son jugement sur les hommes, s'est laissée bouffer par son travail et exècre  par dessus tout la solitude qui a envahi sa vie. 
J'ai trouvé cette femme touchante, parce qu'elle est à l'image des préoccupations de nombreuses femmes d'aujourd'hui. Réussir à jongler entre vie professionnelle, vie sociale et vie privée, tout cela de manière épanouie, ça demande parfois certains ajustements. Louise est à une période de sa vie où elle comprend que ses priorités changent, et je me suis tout à fait reconnue là-dedans. Ok, même (et surtout) pour sa capacité à se fourrer dans ses situations cocasses... des trucs qui n'arrivent qu'à elle. 
Angéla Morelli écrit une romance moderne - à l'image de Louise, femme indépendante, débrouillarde et intelligente - mais aussi très drôle, et c'est comme ça que vous vous retrouvez à ricaner toute seule comme une gourde au fond de votre lit ou dans la baignoire (et me connaissant, la liseuse dans la baignoire, c'était un pari risqué). 
Elle parsème son récit de répliques tordantes, de références littéraires (mais pas seulement!) qui font du bien. 
J'ai adoré également retrouver la bande de copines, qui sont là les unes pour les autres, et leurs discussions totalement déjantées. 

Bon, et sinon, ça se passe comment le trio Joffrey/Louise/Arnaud (ne voyez aucune signification particulière au fait que j'ai glissé Louise entre les deux hommes. Ce trio fonctionne très bien car il met en évidence une situation bien connue des filles. Il y a le mec gentil, qu'on ne remarque pas tout de suite, et il y a le beau gosse, celui qui nous fait craquer, même si on sait qu'il ne nous convient pas. Soupirs... 
Mais cette fois, Angéla ne livre pas de scène torride qui fait fantasmer (la vilaine!) mais elle sait les suggérer. Un regard appuyé, un t-shirt enlevé, une attention particulière... et c'est pire... grrrr!!!! Encore!! 

Ce roman se lit donc d'une traite, entre fous-rires et frissons. Si avec cela, vous n'avez pas envie de le lire, je ne sais pas ce qu'il vous faut!! 

Ah si, autre chose.
Angéla, je suis définitivement fan de ton écriture, mais je crois qu'il y a autre chose que j'aime autant : lire tes remerciements!! Merci pour le fou-rire!

vendredi 13 mars 2015

Péché exquis, Emma Foster

Troisième billet pour le coup de projecteur de la semaine chez Stéphie.
Lecture que je partage avec Noukette, rien que ça! 




Après deux billets consacrés à Angéla Morelli, voici celui sur le premier roman d'Emma Foster.



L'histoire : Adam, beau et riche dirigeant d'une entreprises de création de sites Web, a le profil parfait de celui à qui tout réussit. Sauf dans sa vie privée. A peine sorti d'un divorce qui l'a bien malmené, Adam ne souhaite plus s'attacher. Il préfère de loin la compagnie d'escort girls prêtes à céder à tous ses désirs. Mais lorsqu'un ami lui fait faux bond, le laissant seul face à sa bière dans un bar, il tombe sur une jeune femme sur laquelle il ne se serait probablement jamais retourné d'ordinaire. Fasciné, Adam engage la conversation, mais la jeune femme lui fait une proposition bien plus directe qu'Adam ne peut refuser. 









Mon avis : Oubliez 50 nuances de rien et tout ce que vous avez déjà pu lire sur l'univers du BDSM. Il faut lire Péché Exquis. Absolument. 
Il vous prouvera qu'on peut écrire des histoires intelligentes, même dans ce domaine. Avouez qu'on ne vous avez pas habitué à ça.
Je ne suis pas spécialiste ni même attirée par cet univers, pas du tout, mais j'ai tout de même beaucoup aimé lire ce roman. 

D'abord, le point de vue présenté est celui d'un homme et c'est rare. Un homme beau et riche, certes (mais ça ne gâte rien), mais qui a un comportement bien particulier. Alors qu'il pourrait séduire à tout va, il préfère la sécurité d'une femme qu'il paie. Une ou des femmes belles, sensuelles, et outrageusement sexy. Sous ses airs arrogant et sûr de lui, Adam a été profondément blessé par son divorce, et ne veut plus souffrir. 
Alors quand il rencontre dans ce bar une femme assez petite, maigre et aux allures de garçonne, il ne sait pas expliquer ce qui l'attire irrésistiblement chez elle, au point de la suivre dans un hôtel, pour directement passer à l'action. 
Eve, puisque c'est le nom qu'elle donne à Adam, voit le sexe comme une manière d'expier un passé douloureux dont le lecteur ne sait rien.
Eve ne souhaite pas revoir Adam, contrairement à lui, mais cède pourtant, en fixant ses règles. Entre eux commence une relation particulière, faite d'attraction voire d'obsession pour Adam, et de détachement pour Eve. 
La première surprise, c'est donc ce personnage masculin, totalement fasciné par sa partenaire, au point de la laisser décider des dates et des horaires de leurs rendez-vous. 

La seconde surprise, c'est la tournure que prennent les évènements. En effet,  lorsque Adam découvre sur Eve des bleus qui lui font craindre que quelqu'un l'ait violenté, il la questionne. Adam apprend alors qu'Eve est adepte de pratiques BDSM, qu'elle ne conçoit son plaisir qu'allié à la douleur. 
Adam va alors être initié (et non l'inverse!) à la domination, et va y prendre goût. 
L'auteur plonge donc son lecteur dans un univers dont il découvre les codes en même temps que le personnage. C'est ce que j'ai apprécié dans ce roman, on se familiarise en "douceur" (bon, ce n'est peut-être pas le mot le mieux choisi, ahem.... ) avec des pratiques d'un genre particulier. Il y a des moments très crus, mais pas non plus choquants. J'ai donc joué les curieuses, appris plein de trucs, même si les scènes de sexe ne m'ont pas vraiment attirée. 
Pourtant, une scène m'a particulièrement fascinée, celle des liens japonais : je suis restée très perplexe sur le plaisir qu'on peut y prendre, ou sur la beauté de l'ensemble, mais en même temps, curieuse sur la mise en scène ainsi créée. 
Mais comme dit ma partenaire (de lecture!) du jour : "Et en même temps, ça fonctionne". Oui, oui, Angela, Noukette et moi, on papote en privé. Heureusement, c'était pas au petit dèj' devant les tartines, hein Noukette?
En fait, le super talent d'Emma Foster, c'est d'écrire tellement bien que, même si vous n'êtes pas branché fessée ou cravache, elle parvient quand même à vous faire frissonner. A moins que ce ne soit juste à cause du garçon... pardon... des glaçons? *soupirs*

La troisième surprise (oui, oui, encore...), ce sont les quelques chapitres dans lesquels la voix d'Eve se fait entendre. Ce sont, je crois, les chapitres que j'ai préférés. Cette fille m'intriguait depuis le début et en savoir plus sur elle a été très appréciable. Loin de lever le mystère, ça l'épaissit davantage. Eve est un personnage vraiment atypique, au point de me faire dire qu'elle ne ressemblait à aucune héroïne, tout en me faisant étrangement penser à quelqu'un... et si Noukette n'avait pas été là, je chercherais encore... C'est Lisbeth dans Millénium... Evidemment.**

Enfin, comme la miss écrit très bien, je l'ai déjà dit, elle tient son lecteur en haleine jusqu'au bout, et la fin réserve encore son lot de rebondissements, nous faisant couiner d'impatience (d'impatience, j'ai dit!) de lire la suite. Parce que suite il y aura. Et plutôt deux suites qu'une. Et cela me ravit. 

Si avec tout ça vous n'êtes toujours pas convaincu, filez lire le billet de Noukette, ou de Stéphie, toutes deux aussi enthousiastes que moi. 
N'oubliez pas les autres chroniques de Karine, de Mylène et de Karline.


** Merci à Syl, qui, en commentant chez Karine, m'a permis de trouver à qui ressemble Eve!


mercredi 11 mars 2015

L'homme idéal (en mieux), Angela Morelli

Continuons notre découverte d'Angela Morelli, sur une initiative de Stéphie. 








L'histoire : Emilie est prof de Lettres, maman et séparée du papa de sa fille. Elle vit en coloc', passe des soirées particulièrement arrosées de cocktails avec ses copines et aide parfois Clara, sa coloc', à la librairie qu'elle gère. C'est là qu'Emilie va faire la connaissance de Samuel, le père d'un de ses anciens élèves. 










Mon avis : Si vous lisez mon blog (même un peu), vous connaissez mon métier. Alors vous pensez bien qu'Emilie, hein, c'est l'héroïne à laquelle on peut facilement s'identifier. Les cours sur Phèdre, les cafés de la machine et les pannes de la photocopieuse, je vous assure, c'est du vécu...
Soyons honnête tout de même, c'est pas franchement le plus important dans ce roman. Ah bon? Miiiince... 

Rencontrer un ancien parent d'élève, ça aussi, c'est du vécu. Mais un papa comme Samuel (il vient quand il veut dans mon lycée... stop!), autant dire qu'on n'en croise pas souvent (Et c'est bien dommage, car ça donnerait au moins une raison de plus de s'intéresser au spécimen d'ado qu'il a engendré qui végète dans votre classe...). 
Samuel est grand, beau, gentil, les cheveux en bataille, un sourire et des yeux à tomber, et Emilie, face à lui, bafouille, bredouille, fait tomber des livres, bref, elle réagit comme n'importe quelle fille. Ben oui, ce qui est bien dans ce roman, c'est son réalisme et son modernisme. 
Angela Morelli décrit des situations réalistes, des personnages crédibles, des femmes modernes, indépendantes, qui sont le reflet parfait de n'importe quelle bande de copines trentenaires du XXIe siècle. 
Mais revenons à Samuel (ben quoi?) : son histoire avec Emilie débute timidement, on découvre ce personnage au passé douloureux, irrésistiblement attiré par la charmante prof de français (oui, nous sommes toutes charmantes, voilà, c'est dit). De son côté, la jeune femme dévoile ses craintes et sa rupture difficile, et j'ai apprécié cette progression simple et naturelle de leurs sentiments. 
A l'inverse des romances qui fleurissent en ce moment, dans lesquelles les protagonistes se sautent dessus dès la deuxième page (je ne dis pas que ça n'a pas un certain charme, mais disons que le reste de l'histoire est souvent moins chiadée du coup), ces personnages-là prennent juste le temps qu'il faut pour passer aux choses sérieuses, rendant leur histoire encore plus émouvante. 
L'histoire d'amour est une vraie réussite, elle concentre un sacré paquet de moments qui font frémir d'envie (enfin, au moins en ce qui me concerne) réalisés pratiquement tous en même temps : le beau gosse qui joue les garde-malades, le taxi qui vous attend (alors ça, c'est juste la classe), le premier baiser passionné,  les suivants au cinéma, jusqu'à la première scène d'amour, totalement maîtrisée elle aussi. 
D'ailleurs, il n'y a pas que la première scène de sexe qui est maîtrisée. Angela Morelli a vraiment un don pour ça. Cela se voit quand on la lit, mais en plus, elle le dit elle-même. Tout est parfaitement décrit, des premières caresses jusqu'à l'extase.

Angela Morelli réussit une double performance : nous faire vibrer, frémir, soupirer (et faire des économies de chauffage...) à chaque rencontre entre Samuel et Emilie, et nous faire rire aux éclats toutes les deux pages. Respects.  En effet, le rythme de l'action est soutenu, les rebondissements et les scènes drôlissimes se suivent mais ne se ressemblent pas, faisant de ce roman un véritable page-turner, qu'on n'a plus envie de lâcher. Faut dire que la romancière sait y faire et nous tient en haleine jusqu'au bout!

Enfin, ce roman, malgré sa légèreté, pose de vraies questions, sur la difficulté de faire des rencontres, de se reconstruire après une rupture, sur les aléas de la vie actuelle. Cela fait un bien fou de lire une histoire vraiment ancrée dans des "références" actuelles, de voir qu'être prof de Lettres n'empêche pas d'être accro à Facebook, de même qu'on peut prénommer sa fille comme l'héroïne d'un grand classique anglais, et jurer comme un charretier. C'est aussi un chouette moment d'amitié indéfectible et sacrément barrée, que ce livre-là... ça aussi, ça fait vraiment du bien.

mardi 10 mars 2015

Sous le gui, Angela Morelli

Stéphie n'en finit pas de nous étonner. 
Après une semaine dédiée à la romance, la voici qui propose un coup de projecteur sur deux auteurs bien connus d'elle : Angela Morelli et Emma Foster.



Pourquoi deux, me direz-vous? 
Ben parce que sous ces deux pseudos se cache une seule et (oh combien) unique personne. Eh ouais, être auteur, c'est parfois être au bord de la schizophrénie, mais rassurez-vous, Angela/Emma gère très bien. 

Et parce que moi aussi, je suis (parfois) une fille qui gère, commençons par le commencement. 
Angela Morelli a d'abord écrit Sous le gui, donc... 






L'histoire : Julie, mère de famille (deux garçons dont elle s'occupe ainsi que tous les habitants de son immeuble) rencontre son nouveau voisin, Nicolas, dans le hall de leur immeuble, en pleine nuit. Entre ses galères de boite aux lettres et sa folie pour la fête de Noël, Julie fera-t-elle chavirer le cœur de Nicolas? 











Mon avis : 
Voici la première phrase du billet que j'avais écrit sur cette nouvelle, lors de ma première lecture : "raaaah, que c'est bien!!! Cela faisait longtemps qu'une romance ne m'avait pas autant plu. C'est drôle, sensible, émouvant, bien écrit, irrésistible!"
Je le pense toujours, et plutôt deux fois qu'une! La seconde lecture n'a rien enlevé au plaisir, bien au contraire. J'ai succombé encore une fois.

Dans cette nouvelle, on découvre Julie, veuve et maman de deux enfants. Déjà, pas banale, l'héroïne. Eh non, elle n'est pas jeune, innocente et cruche (ah bon, ça existe ça? Nooooon!) mais drôle, naturelle et simple. Une vraie fille, quoi. Julie rencontre (en pleine nuit, en pyj' en pilou, la loose intégrale!) Nicolas, son nouveau voisin, un peu avant Noël, et ce dernier vole à son secours lors d'un incident de boite aux lettres. Ah oui, ça créée des liens, hein? 
Ce que j'ai aimé? A vrai dire, à peu près tout. 
J'ai aimé qu'enfin, une romance puisse avoir un cadre vraiment réaliste, une modernité dans les références et les allusions qui collent véritablement au profil des lectrices de ce genre d'histoires, qui ne sont pas, pour une fois, prises pour des crétines. Angéla vise, et j'ai aimé la sincérité des sentiments, l'émotion, la tendresse et les failles de Julie, son désir de se laisser de nouveau aller mêlé au souvenir de son passé qu'elle n'a pas envie d'oublier. 
J'ai aimé le personnage de Nicolas. Faut dire qu'un pilote de ligne en uniforme, ça fait tout de suite son effet (ahem)... Nicolas, c'est l'homme moderne, gentil et sexy qu'on rêve toutes de rencontrer. Ouais, carrément. 
J'ai aimé la complicité qui se créé entre eux, leur passion commune pour les livres, et la facilité avec laquelle les enfants de Julie adoptent Nicolas. 
J'ai aimé la pudeur contenue dans les lignes d'Angela Morelli, et chez ses personnages. Pas de scène de sexe torride durant laquelle les personnages se jettent l'un sur l'autre, s'arrachant leurs vêtements comme des affamés (non pas qu'Angela ne sache pas les écrire, non, non, non... mais vous le découvrirez bien assez tôt), mais juste un début de relation tendre, naturel et surtout crédible, dans laquelle les personnages vont à leur rythme. Et on s'en fout du reste. 
Parce que notre cœur peut battre sans que personne ne se mette à poil. Si. En tous cas, mon p'tit cœur à moi, lui, a battu la chamade au fil des pages.
Enfin, une romance, une vraie, digne des comédies romantiques avec Hugh Grant... je me suis laissée embarquer comme une ado, j'ai couiné lors de la scène du baiser, retenu mon souffle lors du massage, bref, j'ai dévoré cette histoire.
Je ne peux que vous recommander Sous le gui, une nouvelle moderne et touchante.

Et ne rêvez pas. J'ai eu beau demander à la miss Angela si Nicolas avait un modèle en chair et en os, s'il avait des frères, des potes, des cousins comme lui, mais elle est incorruptible. Même après trois mojitos. Pfff... Désespérant.

samedi 7 mars 2015

N'importe où, mais ensemble, Anne Rossi

Dernière nouvelle de la collection publiée par HQN pour la Saint Valentin, et dernière lecture pour le challenge de Stéphie (déjà... snif...)




 


L'histoire : Mariés, musiciens tous les deux, Layla et Nathan partagent leur temps entre leurs groupes de rock respectifs et leur vie privée, ce qui est loin d'être toujours évident. Lorsque Nathan, alors en tournée aux Etats-Unis, propose à Layla une escapade à Las Vegas pour la Saint Valentin, la jeune femme ne résiste pas. Cette aventure va pourtant n'être pas de tout repos et les conduire à se poser pas mal de questions sur l'avenir de leur couple. 










Mon avis : Si cette histoire se laisse lire, elle n'a pas vraiment réussi à m'enthousiasmer. 
Pourtant, l'univers du show-biz, de la musique, était un point de départ que je trouvais intéressant. Qui n'a jamais fantasmé sur un musicien me jette la première pierre. 
Seulement voilà : le personnage de Nathan (et pourtant, Dieu sait qu'il a un beau prénom!) ne m'a pas fait rêver. Mais pas du tout. 
Peu débrouillard, rempli de craintes, obéissant au doigt et à l'oeil à Thomas, son manager, Nathan manque un tout petit peu de charisme (et de virilité) à mon goût. Pas très avantageux pour le leader d'un groupe de rock. 
L'alchimie ne passe pas vraiment non plus dans le couple qu'il forme avec Layla. Même s'ils essaient de conjuguer leur vie professionnelle prenante et leur vie privée, on les sent tout de même assez individualistes, au fond. 
Leur escapade à Las Vegas est un désastre, et la seule scène hot de ce séjour est trop vite expédiée. 
Seule la dernière scène tient toutes ces promesses, et on désespérait d'en lire une avant la fin. 

Je n'ai donc pas été séduite plus que ça, ni par l'histoire, ni par les personnages (peut-être faudrait-il avoir lu les tomes précédents qui concernent Layla pour s'attacher davantage à ces deux amoureux?), et j'aurais apprécié, pour le coup, puisque Layla et Nathan se retrouvent séparés géographiquement, plus de scènes de "retrouvailles", tendres ou torrides, peu importe. 
Mais j'imagine bien que le format ne le permettait pas.



C'était la dernière nouvelle des sept publiées par HQN et chroniquées pour le challenge proposé par ma Stéphie, avec qui j'ai été ravie de passer la semaine! 
Pour bien la terminer, un petit récapitulatif sera publié demain sur ce blog!