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vendredi 29 janvier 2016

J'envisage de te vendre (j'y pense de plus en plus), Frédérique Martin




L'histoire : Imaginez un monde où nos valeurs n'ont plus de valeur, où un homme peut vendre sa mère comme on se débarrasse des vieilleries lors de vide-greniers, où un couple peut commander la naissance de son enfant comme il prévoit ses vacances, un monde où la famille des victimes peut décider de la sentence d'un tueur en série, et où un homme qui déménage est fliqué par son voisin. Effrayant, non? 
C'est l'univers dans lequel Frédérique Martin plonge son lecteur dans ce recueil de nouvelles au titre percutant. 








Mon avis : Comme je l'attendais, ce recueil-là! 
Déjà, on ne peut passer à côté de ce titre qui laisse perplexe, qui intrigue. C'est ce qui a d'abord attisé ma curiosité. 
Comme j'aime particulièrement le genre de la nouvelle, je me suis donc précipitée. J'aime l'idée de la relative frustration qui se crée à la fin de la lecture d'une nouvelle : on s'est laissé emporter par l'intrigue posée en quelques pages, on s'est attaché aux personnages, et puis... bam... tout est fini. Mais c'est pas grave, il n'y a qu'à tourner la page pour plonger dans un tout autre univers. 
Sauf que... 
A la fin de la première nouvelle, celle dans laquelle un trentenaire décide de vendre sa mère au plus offrant, on accuse le coup. Tant de cynisme, ça fait grincer des dents. Et ça laisse un petit goût amère qui peine à s'estomper. 
Mais j'ai tourné les pages, encore et encore... 
On voudrait dévorer ce recueil, le lire d'une traite. Sauf que c'est lui qui vous dévore. Il vous attrape et vous tire vers un monde dans lequel vous ne vous imagineriez pas vivre une seule seconde. Chaque nouvelle vous y enfonce un peu plus. A chaque fin d'histoire, il m'a fallu un peu de temps, un temps pour reprendre mon souffle, pour digérer.
En fait, Frédérique Martin réussit un tour de magie : chaque nouvelle vous effraie davantage, et pourtant, vous ne pouvez vous empêcher de continuer. C'est comme quand vous étiez petit, les histoires du soir faisaient un peu peur, mais c'était tellement grisant... 
Sauf que... 
Ce monde, dans lequel évoluent les personnages de Frédérique Martin, n'est pas celui des contes de fées. C'est un monde où la liberté n'est plus, ou les gens sont fliqués, jugés, soumis, à toutes sortes d'autorités qui les briment parfois sans qu'ils en aient conscience. Le pire? Les personnages, les situations sont si actuels qu'ils en deviennent terriblement proches. Et si c'était notre avenir que l'auteur dessinait sous nos yeux consternés? 
En résumé, un recueil troublant, tout en profondeur, qui ne manque pas d'interpeller et de poser de bonnes questions. 

Ce fut également un vrai régal de retrouver la plume douce et délicate de Frédérique Martin. Beaucoup de douceur, notamment dans la nouvelle qui traite de la mort, et de la sobriété aussi, dans celle sur le tueur en série. J'ai aimé ce mélange. 
En lisant, j'entendais la voix juste et posée de l'auteur, et je me suis revue un certain jour d'été dans un petit village du Tarn à écouter de précieux conseils d'écriture. 

Un recueil qu'il est urgent de découvrir. 
Et une lecture que je partage avec la jolie Laurie. 

mardi 1 septembre 2015

Désirs d'évasion, collectif

Il n'y a que Stéphie pour nous faire passer une rentrée chaude comme le sable brûlé par la chaleur des deux mois qui viennent de passer (Oui, j'ai la plume lyrique, ce matin).

Et quand le premier mardi tombe pile le jour où je dois laisser tomber short et maillot de bain pour une tenue un tantinet plus adaptée au public que je côtoie tous les jours, ce rendez-vous coquin est sacrément bienvenu. 

En plus, je partage cette lecture avec Jérôme, l'homme le plus adoré de la blogosphère! What else?




 



L'histoire : 
Quoi de mieux qu'un voyage au Brésil, au Maroc, aux USA, au Japon, en Ecosse et même en Russie pour prolonger un peu les vacances? 
Six nouvelles se déroulant dans différents pays constituent ce recueil. Six styles et six écritures différentes, pour des voyages romanesques ou complètement décalés. 










Mon avis : 
Ce que j'ai envie de dire en priorité sur ce recueil, c'est qu'il se lit très agréablement parce qu'il est bien écrit. Comment ça, c'est pas le but premier? Croyez-moi, c'est important. 
J'ai lu tellement de merdes cet été dans le genre - qui non seulement étaient écrites à la truelle mais également longues comme un trajet Toulouse-Limoges en passant par Paris - que j'en ai été totalement refroidie (eh ouais, c'est ballot).
Alors trouver ici de jolies plumes, légères ou plus soignées, mais toutes DE QUALITE, je vous garantis que c'est un premier plaisir. 

Le second a été de retrouver des auteurs déjà lus dans des recueils de cette même collection et de confirmer que j'aime leur style et leur univers. Je pense aux nouvelles de Julie Derussy, de Jerk et d'Alexandrine d'Aumale. 
Mention spéciale pour "Gazelle", la nouvelle de Julie Derussy, qui ouvre le recueil en douceur, avec une escapade au Maroc qui prend une tournure inattendue, et "La nuit des MacDuff" qui le conclue en beauté, par la mystérieuse légende entourant une famille écossaise. 
Dépaysement total! Mon coeur de bisounours fleur bleue a fait boum. 

"On the road", de Jerk, raconte un road trip américain et une rencontre ma foi assez surprenante. Si j'aime toujours autant le style de Jerk, cette fois, je n'ai pas été emballée par l'histoire. 

J'ai découvert avec curiosité Julie-Anne de Sée, avec "Escale à Moscou-Sheremetyevo", et ce fut une bonne surprise. Un rendez-vous coquin dans l'enceinte même d'un aéroport, entre deux passagers qui se croisent au café et discutent littérature, en voilà une bonne façon de tromper l'attente d'une correspondance tardive! C'est plaisant à lire, ce fantasme que beaucoup (à mon humble avis) voudraient réaliser... 

Enfin, j'ai été vraiment moins séduite par les nouvelles de Noann Lyne et de Vagant. Dans "Moi, Dimitri Ilitch", de Noann Lyne, la vengeance d'une amante brésilienne éconduite fut un tout petit peu trop brutale pour moi. Chez Vagant, dans "Déjà vu", c'est l'histoire du jeu de télé réalité qui m'a paru vraiment tarabiscotée et peu crédible. 

En résumé, cette lecture se sera révélée plaisante et agréable. Une bonne idée que ce thème de l'évasion, parfait pour prolonger un peu les vacances! 

Je vous conseille vivement d'aller fureter du côté de la collection Paulette des Editions du 38, qui propose un éventail de recueils du même genre à dévorer sans modération. 

 

mardi 5 mai 2015

Fantasmes et miroirs, collectif

Reprise après quelques mois d'absence, des Mille et une frasques concoctées par Stéphie. 

Et pas n'importe lesquelles, car ce mois-ci j'ai lu le recueil dans lequel la miss publie sa première nouvelle. 
Les Editions du 38 ont lancé plusieurs appels à textes, afin de publier plusieurs recueils, chacun sur un thème imposé.

J'ai en plus la chance de partager cette lecture avec Noukette, Leiloona, Cultur'elle, Laurie et Anne-Véronique.





L'histoire : Dans "Fantasmes et miroirs", six auteurs se sont prêtés à l'exercice d'écrire sur le thème imposé du "miroir". Des nouvelles érotiques aux styles complètement différents.

Mon avis :
Un point d'abord sur le recueil, que j'ai trouvé globalement assez bon mais inégal. 
Si les nouvelles de Fleur Deschamps, Jerk, Miss Kat et de Stéphie (évidemment!!) m'ont vraiment séduite, j'ai été un brin déçue par les autres. C'est surtout la composition du recueil qui me semble inégale, car, avec ce thème imposé, les points de vue adoptés se rejoignent parfois trop, créant un effet de répétition assez frustrant. Même chose pour l'utilisation de la 1ere personne, trop présente à mon goût, et surtout avec plus ou moins de réussite. 






La première nouvelle, signée Fleur Deschamps, plonge le lecteur dans l'intimité du personnage féminin, sobrement nommée Elle. J'ai apprécié la sensualité du style et la touche d'originalité concernant les personnages. Elle est délicieusement narcissique et aime contempler ses formes dans le miroir ; son amant est confiseur. Quoi de plus gourmand pour une nouvelle érotique? La progression de l'histoire réserve elle aussi une bonne surprise.
La gémellité abordée dans "Si semblables", de ChocolatCannelle  m'a un tantinet déstabilisée. Bon, d'accord, c'est un avis totalement subjectif et orienté par le fait que moi-même, j'ai une soeur jumelle, et que ce n'est pas le genre de jeux auxquels j'aimerais m'adonner avec elle!! Excuse bidon, je sais bien. Cela dit, l'idée est originale et l'éducation sexuelle des deux soeurs est rondement bien menée! ChocolatCannelle a une plume très élégante et délicate. Je la relirai sur une autre thématique avec plaisir.
Après deux bonnes surprises, "Narcissa, folle de son corps" m'est tombé des mains. Pas du tout séduite par le titre, je me demandais à quoi m'attendre. Et le fait est que je suis passée totalement à côté du récit de l'enfance, des premiers émois et des expériences de la protagoniste adulte : le "savon" à la barbe à papa, l'émission de téléréalité et l'expérience finale m'ont fait lever au ciel. J'ai eu du mal à aller au bout de cette histoire. Et c'est dommage. 

En revanche, carton plein pour "Derrière le miroir", de Jerk! Quel style! Il fallait oser le démarrage façon conte de fée. J'aime l'idée de faire du miroir le personnage principal, traversant les époques. Le narrateur est donc placé en position de spectateur, de voyeur, et pour le coup, le lecteur aussi. J'ai adoré ça. Quelle délicatesse et quelle élégance dans la description, juste ce qu'il faut pour émoustiller la lectrice que je suis. 
Fin de partie avec la nouvelle de Miss Kat, "Nina, une fille bien". Et quelle chute originale, vraiment. J'ai aimé la rudesse et la brutalité des évènements et de la description de la scène de sexe. J'ai aimé l'anti-héroïsme revendiqué par cette Nina, et le revirement final, si brutal. J'ai vraiment hâte de relire cette auteure. 

J'ai, comme on dit, gardé le meilleur pour la fin. 
"Vendredi, 14h", c'est donc le titre de la nouvelle de Stéphie. Joli rendez-vous, c'est le cas de le dire. J'ai aimé le mystère entourant ce titre et les premières lignes de la nouvelle. J'aime l'idée de la femme libérée et de l'homme complexé, schéma qui prend à rebours celui de la plupart des nouvelles du genre. J'aime l'idée de la femme qui mène. Stéphie décrit le sexe de manière simple et efficace. Des mots crus, sans fioriture, mais pas vulgaires pour autant, car totalement assumés. J'aime le flashback qui donne du sens et du corps (si je peux dire) aux personnages et au titre de la nouvelle. 
Le thème imposé est parfaitement intégré, puisque le miroir, présent dès le début, est partie prenante de la scène érotique présentée.
Stéphie a dit un jour avoir beaucoup de mal, en tant que lectrice, avec les narrations à la première personne et au présent. Eh bien on peut dire, qu'elle, elle y excelle! Le tout est rondement bien mené, le style est plaisant et on sent bien qu'elle en a pris, du plaisir, avec ce premier écrit.
Enfin, je savais déjà que la miss avait l'art de la chute, mais celle-ci est particulièrement réussie et ré-jouissante.
En éteignant ma liseuse, je n'ai qu'un mot à dire à ma copine Stéphie : bravo! Ou alors peut-être un autre : encore! 
Tu peux être fière de toi, ma belle, c'est une vraie réussite que cette première publication. J'ai hâte de te relire à nouveau et te souhaite encore de belles aventures littéraires. A commencer par notre semaine en Juillet, et cette fois, c'est moi qui suis fière de partager ça avec toi. 

samedi 14 février 2015

Avis de tempête, Angela Morelli

Happy Valentine's Day!!!!!!!!


Quoi de mieux qu'une chouette romance pour célébrer ce jour? 
Et si en plus, on partage cette lecture commune avec les copines blogueuses, alors là, c'est le pied. 


 
Voici donc la première nouvelle d'une série de sept récits, tous publiés chez HQN et disponibles en format numérique. 

L'histoire : Candice débarque au Québec pour aller voir sa cousine. Problème n°1 : l'aéroport va fermer et sa cousine est introuvable. Problème n°2 : Candice est vêtue d'une jupe courte et d'un blouson pas vraiment en adéquation avec les températures extérieures. Problème n°3 : il y a bien un homme qui lui vient en aide mais elle ne comprend strictement rien à ce qu'il dit. Autant dire que le séjour de Candice au pays de l'hiver commence bien... 









Mon avis : L'avantage des nouvelles, c'est que cela se lit vite. L'inconvénient, c'est qu'il n'y en a jamais assez. Enfin, ça dépend. 
Mais clairement, là, je serais bien restée au chaud devant la cheminée plus longtemps... surtout si c'est en aussi bonne compagnie que Candice... bref... 

Angela Morelli réussit l'exploit de réunir dans une même nouvelle plusieurs éléments qui me font rêver, voire fantasmer. Ouais, rien que ça. 
D'abord, le Québec que je désespère d'aller voir un jour, ses paysages enneigés et ses hivers à - 30 ; ensuite, un héros qui se prénomme Martin, prénom que je surkiffe, au point de le placer en haut de la liste des prénoms de mes futurs amants enfants ; enfin, une scène mêlant une cheminée, une énorme couverture et un matelas... et soudain tout un tas de possibilités apparaissent dans mon esprit.
Cette nouvelle est également pleine d'humour, il n'y a qu'à voir les situations embarrassantes dans lesquelles se fiche Candice, mais dont elle sort toujours si ce n'est avec grâce, au moins avec dignité. Dès le départ, la scène de l'atterrissage est hilarante, et les dialogues québécois sont savoureux. L'écriture d'Angela Morelli est fraîche et drôle, en fait. 

Et puis il y a Martin : Martin qui conduit des avions, porte cette nouvelle Cendrillon qui a perdu sa botte, Martin qui fait du feu, trouve à manger dans les placards d'une maison vide, Martin qui semble plus que doué pour les massages... *soupirs*
Dis, Angela Morelli, après Nicolas, Samuel et maintenant Martin, t'en as encore beaucoup, des comme eux? S'il te reste un autre homme idéal en stock, je suis preneuse. Si en plus il sait préparer les mojitos, alors là ce serait parfait...

Martin et Candice vont donc passer une nuit ensemble, dans la maison vide de la tante de Martin. Le feu de cheminée et les températures glaciales invitent au rapprochement et aux confidences. Les protagonistes font connaissance, c'est simple, naturel, et spontané. J'ai souri en lisant "Mon jeu, mes règles", petite phrase déjà lue ailleurs... 
J'ai aimé la tendresse de la nuit passée dans les bras l'un de l'autre, sans rien de plus. 

Avec l'arrivée de la cousine de Candice (j'avoue l'avoir un peu maudite, sur le moment, de venir briser ce tête à tête hors du temps), les héros se quittent pour un petit moment seulement, avant de se retrouver pour un happy end prometteur. 

Tout comme j'avais dévoré L'homme idéal (en mieux) - qui vient de sortir en version papier, si vous ne l'avez pas encore!-, je me suis laissée porter par cette nouvelle au charme léger et émouvant. Mon petit coeur de bisounours a littéralement craqué. 
Bref, une nouvelle que je vous recommande chaudement, à déguster sous la couette, ou sous les couvertures, devant la cheminée, en vous faisant masser... oui, bon, faites comme vous voulez, mais lisez-la. 
Même, lisez les remerciements, vous y apprendrez plein de trucs sur l'écriture de cette nouvelle!

Je partage aujourd'hui cette lecture commune avec mes -presque toutes- "blondes" préférées, comme dirait Martin, Stéphie, Noukette, et Leiloona! Sans oublier la brune Laurie!


Suivront prochainement les chroniques des autres nouvelles de la série lancée par HQN pour la Saint-Valentin.

vendredi 31 mai 2013

L'étrange disparition d'Esme Lennox, Maggie O'Farrell

Ouf, il n'est pas trop tard, je suis encore dans les temps pour publier mon billet sur cette lecture commune que j'ai été ravie de partager avec Tiphanie. 

L'histoire : Iris apprend qu'elle a une grand-tante, que sa grand-mère a une soeur dont elle n'a jamais entendu parler, une soeur dont toute la famille ignore l'existence. Au départ décidée à ne pas laisser cette aïeule empiéter sur sa vie déjà bien assez compliquée, Iris se persuade qu'elle ne peut accueillir Esme. Mais, comme le centre psychiatrique dans lequel elle séjourne depuis 60 ans va fermer, il faut trouver un hébergement pour Esme... Iris la prend chez elle.











Mon avis : J'avoue avoir eu un peu de mal à entrer dans cette histoire. Au départ, j'ai préféré les pages concernant le personnage d'Iris a celui d'Esme. Car ce début est assez confus. On y fait la connaissance d'Esme enfant, qui, déjà, parait à part. 
Ensuite, le rythme du récit s'accélère, alternant les passages narrés grâce au point de vue d'Esme, de Kitty (la grand-mère d'Iris) et les passages centrés sur Iris. Tout fonctionne par fragments, on découvre le passé trouble d'Esme, sa différence, la soeur "parfaite" qu'était Kitty, et, petit à petit, les raisons qui l'ont amenée dans cet asile. 
J'ai apprécié cette alternance, elle permet, même si j'ai trouvés certains passages bien confus, de revenir sur le passé des deux soeurs sans jamais trop en dévoiler... du coup, on ne lâche que difficilement ce roman. 
Cependant, j'ai trouvé l'univers de ce roman très "glauque", avec cette tension latente entre Esme et le reste de sa famille, le premier drame vécu par la jeune fille, cette incompréhension qu'Esme subit, sans vraiment la comprendre, et la relation ambigüe entre Iris et Alex.
J'ai aussi frémi en découvrant la véritable raison de l'enfermement d'Esme. J'ai frémi encore plus en lisant la suite de l'histoire, le rôle joué par sa sœur, l'indifférence totale de sa famille. 

Soixante ans.... comment peut-on passer soixante ans enfermée dans un asile sans qu'aucun membre de la famille ne se soucie de vous? C'est la première question qui frappe, à la lecture de ce roman. 
Et puis on découvre le destin d'Esme... ce piège qui se referme sur elle, en fait un être à part, obsédée par une seule idée. 
Une fois dehors, Esme questionne Iris. Kitty est-elle encore en vie? Alors comme ça, elle a eu des enfants? Avez-vous une photo de votre père? Pouvons-nous aller rendre visite à Kitty? 
Jamais Iris ne se méfie, jamais le lecteur ne comprend, avant les dernières pages... jusqu'au rebondissement final, véritable coup de poignard qui laisse le lecteur sans voix! 

En résumé, je ne dirais pas que ce roman est un coup de coeur, je dirais que ce roman a quelque chose de dérangeant, qui intrigue et qui pousse le lecteur à aller au bout. Un récit qui, en somme, ne peut pas laisser indifférent. 

Je voudrais ajouter un dernier merci à Noukette, qui décidément a le don de me faire découvrir de chouettes lectures... 

Je file voir l'avis de Tiphanie! Vous me suivez? CLIC!

samedi 5 mai 2012

Le chagrin du roi mort, Jean Claude Mourlevat

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas rédigé de billet pour une lecture commune. 
Mais aujourd'hui, c'est chose faite, grâce à ma copine Dolly du blog Livres et Compagnie.




L'histoire : Aleks et Brisco sont deux enfants de dix ans. Les jumeaux, c'est comme cela qu'on les appelle sur leur île, Petite Terre... Mais ce que quatre personnes seulement savent, c'est que, jumeaux, ils ne le sont pas vraiment. Aleks est bien de fils de Bjorn et Selma. Brisco, lui, a été amené au couple par la sorcière Brit, en leur demandant de prendre soin de lui. Les deux frères coulent des jours heureux jusqu'à ce que Brisco soit enlevé par une mystérieuse inconnue à la bibliothèque royale. Désormais, Aleks et ses parents ne vont avoir de cesse de retrouver Brisco.







Mon avis : Encore une merveilleuse saga comme Mourlevat sait les écrire! 
Dans ce roman, tout est poésie : l'écriture, fine, pleine de tendresse ; le décor, enneigé, merveilleusement exotique ; l'atmosphère, feutrée, mystérieuse... 
Mourlevat écrit simplement, avec des mots touchants et attendrissants. Les récits des différents personnages, la sorcière Brit, Nanna, permettent de créer dès les premiers chapitres l'univers si particulier de cette communauté de l'île de Petite Terre, que vous ne pouvez plus quitter.
J'ai dévoré la première partie de ce roman, partagée entre angoisse et espoir. Angoisse et envie de comprendre ce qui était arrivé à Brisco, et espoir de voir la détermination de sa famille à le retrouver. Cette partie défile très rapidement, on se laisse prendre au récit de leur enfance, des circonstances qui ont amené Brisco chez Selma et Bjorn, on va de découverte en découverte, de rebondissement en rebondissement. 
En ce qui concerne la seconde partie, je serai plus mitigée. Cette partie du récit m'a moins emballée, on passe tout à autre chose, le ton devient plus grave, on dévie de l'histoire principale pour se centrer sur l'un des enfants, et cela m'a déçue.
Je crois que je suis tombée sous le charme de la vision féérique et enfantine de l'histoire de la première partie, que je n'ai pas retrouvée dans la seconde. 
Au final, j'aurais aimé une autre fin, plus prévisible, certes, mais qui m'aurait paru coller davantage à l'univers de Mourlevat. La quête finale d'Aleks m'a laissée sur ma fin, autant sur le fond que sur la forme. Je n'ai bien saisi l'intérêt de consacrer autant de temps à cet élément qui est indépendant de l'histoire des deux frères.

Malgré cela, lire un roman de Mourlevat c'est toujours un immense plaisir, alors, même si j'avais nettement préféré Le Combat d'hiver, j'ai tout de même passé un excellent moment avec cette lecture. 
Je crois même pouvoir vous dire que Dolly a été encore plus enthousiaste que moi... On va voir? 

mardi 1 juin 2010

Aux malheurs des dames, Lalie Walker

Souvenez-vous : il y a quelques temps, je vous parlais d'un roman traîné en justice par une association qui demandait la suppression du livre et deux millions d'euros de dommages et intérêts.
L'histoire du roman se situant dans un célèbre quartier commerçant de Paris, de nos jours, au Marché Saint-Pierre, quelques commerçants ont décrêté que sa parution leur portait préjudice et leur faisait de la mauvaise publicité.

Quelle ne fut pas ma surprise quand ma copine Gio, sur Notes de chevet, m'a appris cette histoire! Porter plainte contre une fiction!!!!
Elle a donc eu la bonne idée d'organiser une grande lecture commune de ce roman, simplement pour tenter de faire quelque chose, à la hauteurs de nos modestes moyens de blogueurs : la lecture.
Je m'étais aussitôt inscrite, et aujourd'hui doivent paraître les billets de tous les participants.



L'histoire : Dans un magasin illustre du Marché Saint-Pierre, de bien étranges évènements se produisent : des employées disparaissent, des poupées vaudou sont retrouvées clouées aux murs et une suspecte odeur de brûlé envahit ponctuellement l'espace. La police piétine, n'a aucune piste. Rebecca Levasseur, employée intérimaire, décide de mener sa propre enquête. La jeune femme reprend tout depuis le début et essaie de faire avancer les choses.


Mon avis : Bon, il faut bien que je l'admette, j'ai été extrêmement déçue. Et pour différentes raisons.
D'abord, l'écriture de l'auteur. Je me suis heurtée à des tournures de phrases étranges, une écriture peu fluide, avec des points là où une phrase aurait dû continuer. Par exemple : "Violette sanglotait. Bien qu'elle n'en puisse plus de pleurer." J'ai eu du mal avec cette syntaxe, cette volonté de faire des phrases courtes (ce que j'apprécie, normalement), mais là, c'était bien trop récurrent. Peut-être est-ce une déformation professionnelle, car moi qui rabâche à mes élèves de ne pas commencer une phrase par "parce que...", cela m'a fait exactement le même effet ici.
Un autre élément m'a gênée : l'auteur appelle très souvent les personnages, masculins comme féminins, par leur nom de famille, et je trouve cela très "agressif", pas du tout en accord avec une écriture féminine. Alors oui, désigner par son patronyme un détective, un commissaire, ou un personnage policier emblématique, à la condition que ce soit un homme, cela a son intérêt et cela passe tout de suite mieux. Simplement ici, c'était systématique, et encore une fois, comme avec la syntaxe, j'ai trouvé cela répétitif.

En ce qui concerne l'histoire, je dirai que dans la première moitié du roman, l'intrigue avance tellement lentement que j'ai vraiment peiné à poursuivre, et que je me suis ennuyée. On n'apprend rien, ce n'est que réflexions, suppositions et discussions entre les personnages pour savoir ce qui aurait éventuellement pu se passer. L'auteur se perd dans des digressions qui n'ont rien à voir avec l'intrigue : la recherche effrénée d'un nouveau psy pour Léon Witz, la présentation détaillée des joueurs de poker avec lesquels Jérôme Michel joue...

Et enfin, je ne me suis attachée à absolument aucun des personnages, le pire étant le personnage de Thomas Klein, dont la fin m'a fait bien rire!!! J'ai trouvé Rebecca particulièrement agaçante. Les liens entre les personnages ne sont pas fouillés et, même si la psychologie des personnages l'est un peu plus, je n'ai vraiment pas accroché.

Je vais quand même terminer ce billet par un point positif, car j'ai bien aimé plonger au coeur d'un quartier et le découvrir, surtout un quartier aussi populaire que Montmartre et sa butte.

En résumé, une lecture décevante, mais que j'ai quand même tenu à finir.

J'espère que les copines auront davantage apprécié. Retrouvez des billets sur :

Et découvrez sur leurs blogs d'autres liens pour avoir d'autres avis!

dimanche 16 mai 2010

Quand les livres ont des elles, seconde session

Et oui, aujourd'hui, (avec un jour de retard par rapport aux copines à cause d'un week-end chargé) cela va faire deux mois que nous avons lancé la première session de notre chaîne de lecture


Il était temps de passer à la suite! Cette fois-ci, c'est un très court roman que j'ai reçu, un roman que j'avais hâte de lire.
Il s'agit de :


Henriette a été la première à découvrir ce roman et son billet touchant a été publié chez Dan, sur En secret.
C'est elle qui m'a donné envie de découvrir ce livre.

L'histoire : Thomas, astronome de trente-six ans, a perdu sa femme, qui s'est suicidée. Depuis, il ne vit plus, il survit, retranché dans un hangar désaffecté. Il en a fait son refuge, son seul horizon, jusqu'à ce qu'un jeune femme, aussi perdue et blessée par la vie que lui, prenne place à ses côtés.
On découvre Thomas face à deux hommes qui l'interrogent, et on en ignore la raison. Alors, le roman alternera entre l'histoire de Thomas et de cette jeune femme, et les moments de dialogue entre lui et les deux hommes.
Le roman raconte le parcours cahotique de ces deux êtres abimés, détruits, enfermés physiquement dans le hangar et mentalement dans leur douleur personnelle, qui n'ont plus aucun espoir dans l'avenir.
Lorsqu'ils s'aperçoivent qu'une voiture est toujours garée devant le hangar, que ses deux occupants semblent les épier, la paranoïa de Thomas et de Louise s'accentue. Et peu à peu, on comprend ce qui a pu conduire Thomas en salle d'interrogatoire.


Mon avis : J'ai beaucoup aimé ce roman. C'est une histoire bouleversante, une écriture fine et puissante à la fois. J'ai été sensible à la détresse de ces deux êtres, à leur survie dans un monde qui les a oubliés, et au fonctionnement de leurs esprits fragilisés. On est happé par leurs peurs, par le silence qui les entoure, par l'air glacial du hangar, car l'auteur arrive à créer une atmosphère oppressante, reflet des interrogations des personnages.
C'est difficile de mettre des mots sur ce que l'on ressent en lisant ce roman. Tout y est déstabilisant, car on touche à ce que l'esprit humain a de plus profond, de plus sensible et de plus personnel. Malgré tout, je peux dire que ce fut une lecture perturbante (pas dans le mauvais sens du terme), touchante et oppressante.
Perturbante parce le sujet proposé par ce roman dérange. les personnages sont-ils fous, comme le dit le titre, ou simplement meurtris et usés?
Touchante parce que cet "état" de folie, de paranoïa intensive vient à Thomas après la perte d'un proche. Suffit-il donc de perdre l'être qui partage sa vie pour basculer?
Oppressante parce que l'enfermement vécu par les personnages est décrit de telle façon qu'on ne peut s'empêcher de le ressentir, même tranquillement installée dans son canapé, une tasse de thé à la main...

En résumé, une lecture que je ne suis pas prête d'oublier.


Mais me direz-vous, et les filles? qu'ont-elles lu?
Vu que je suis honteusement la dernière à publier ce billet, je peux vous faire une petite récap' des billets des unes et des autres, et je vous invite à faire comme moi, aller lire leurs billets.

  • Chez Gio, sur Notes de Chevet, on retrouve un billet sur le premier roman que j'ai lu, Les Courriers de la mort de Pierre Magnan
  • Chez Dan, sur En secret, on peut lire un avis sur Ma famille et autres animaux, de Gérald Durrell

  • Chez Eloah, en exclusivité, deux billets sur Sucrez, Lisez, Scrappez... : l'un de la maîtresse des lieux, qui a lu L'éducation d'une fée, de Didier Van Cauwelaert, et celui de notre VIP, Henriette, qui, elle a lu Le Roman de Monsieur Molière, de Mikhaïl Boulgakov

  • Chez Rafafa, enfin, sur Bricoles et vadrouilles, on peut lire ce qu'elle a pensé de Peut-être une histoire d'amour, de Martin Page.

A bientôt, pour la troisième session de "Quand les livres ont des elles".

jeudi 15 avril 2010

Le coeur cousu, Carole Martinez

Aujourd'hui, je vous livre un billet sur une lecture commune faite avec ma copine Dolly, du blog Livres and co. Nous avions toutes les deux ce roman sur notre PAL, c'était l'occaz'!
J'avais découvert ce roman chez Gio, sur Notes de chevet, et comme son billet m'avait vraiment plu, je me suis laissé tenter par cette lecture.



L'histoire : Le prologue est narré par Soledad, une jeune espagnole, qui annonce qu'elle va raconter l'histoire de sa mère et de sa famille, une lignée de femmes au parcours étonnant. En effet, ces femmes se transmettent depuis la nuit des temps une boite mystérieuse. Au moment de l'ouvrir, Frasquita, la mère de Soledad, y découvre du fil et des aiguilles. La couture devient toute sa vie : elle coud, transforme, brode ou reprise tout ce qui lui tombe sous la main... même les êtres. Mais ce don ne tarde pas à lui valoir une réputation de magicienne. Jouée et perdue par un mari passionné par les combats de coqs, elle se voit contrainte de fuir, seule avec ses cinq enfants à qui la boite transmet également de mystérieux dons, au milieu d'une Espagne en proie à de violentes rebellions paysannes.


Mon avis : J'ai beaucoup aimé.
J'ai apprécié l'histoire de cette femme atypique, d'une force et d'une dignité sans failles.
J'ai apprécié suivre son parcours, son errance, ses rencontres, et la confiance absolue de ses enfants envers cette mère héroïque.
J'ai apprécié l'écriture d'une poésie incroyable. Carole Martinez a une plume divine.
J'ai apprécié glisser peu à peu dans un univers merveilleux, mais qui reste malgré tout ancré dans le réel. Par petites touches, par passages, la narratrice nous embarque dans un monde de magie où quelques incantations redonnent vie aux morts, où un fil peut recoudre les chairs déchirées, où une petite fille est si belle qu'elle "luit"... et on y croit. Totalement.  
J'ai apprécié les changements de points de vue : du "je" du prologue, on passe à la troisième personne du singulier, et c'est surement ce qui m'a permis de vaincre la distance que j'avais mise entre ces femmes et moi. Puis, la narration change de perspective avec les histoires d'Anita, la fille aînée de Frasquita, et curieusement, croire à ces histoires-là ne m'a plus posé aucun problème. La troisième partie est sublime.

Pourtant, il reste pourtant quelques points qui font que ce livre m'a fait passer un très bon moment sans être un coup de coeur :

  • Il m'a vraiment fallu apprivoiser cet univers, je l'ai fait mien petit à petit, car il est vrai qu'au début, j'ai éprouvé quelques difficultés à entrer au sein de cette famille.

  • La seconde partie est celle que j'aime le moins. Elle perd de l'intérêt car elle est centrée sur la rebellion des paysans andalous et les personnages rencontrés par Frasquita et ses enfants, et pour le coup, les héroïnes sont trop effacées. De plus, elle traîne un peu en longueur, cette partie.
Au final, c'est un roman que je ne regrette pas d'avoir lu, bien au contraire : l'histoire passionne, l'écriture est d'une finesse exquise, et les personnages, y compris les enfants, sont décrits de manière détaillée et réaliste.


Mais qu'en a pensé Dolly? Vite, allons voir sur Livres and co!!!

Et les copines qui l'ont déjà lu depuis longtemps?
Gio qualifie ce livre de pure merveille. Son billet sur Notes de chevet.
Pour Stéphie, c'est une histoire hors du temps. Son billet sur Mille et une pages.
Quant à Leiloona, elle crie "au génie" face à ce livre envoutant! Son billet sur Bric à book.

lundi 29 mars 2010

Un livre cible de la justice

Ce soir, pour remettre ce blog à jour, je vous propose de vous parler d'un livre qui fait l'objet des critiques les plus sévères. Il est même trainé en justice par une association qui demande des dommages et intérêts à l'auteur et à la maison d'éditions. Ce livre, c'est le roman Aux malheurs des dames, de Lalie Walker. 

                                                     

Le concept: les éditions Parigramme ont eu l'idée originale de faire appel à de jeunes auteurs pour créer une collection de polars, "Noir 7.5", polars censés se dérouler dans le Paris d'aujourd'hui.
L'histoire : Lalie Walker a choisi de placer son intrigue dans le quartier de Montmartre, au coeur du Marché Saint-Pierre, temple du tissu et de la couture. Très vite, des évènements inquiétants se produisent, même des meurtres.
Le problème : une société, Village d'Orsel, a porté plainte contre l'auteur et la maison d'éditions, pour injures, diffamation et mauvaise publicité, entre autres. Elle demande la suppression des rayons du roman de Lalie Walker et deux millions d'euros de dommages et intérêts!!!!



Dès que ma copine Gio en a parlé sur son blog Notes de chevet, je me suis sentie concernée par cette histoire : où allons-nous si toutes les fictions disparaissent ou sont attaquées en justice? Gio a donc lancé l'idée d'une grande lecture commune, pour défendre ce roman et faire ce que nous, blogueurs et lecteurs, savons le mieux faire : LIRE.
J'ai donc répondu à l'appel de Gio, et je participerai à cette lecture commune, avec parution d'un billet sur cette lecture le 1er Juin!

Les copines ont également répondu présentes : Lolli, Stéphie, Dan, Couette, Eloah, Pimprenelle, Dolly...

Qui se joint à nous????